30 mai, Grand Baz'art à Bézu saint Eloi

Samedi, performance d'écriture miroir avec Jacky Mouvillat au stick Chapman.
Des extraits du texte d'Artaud, hommage à Van Gogh réinterprété pour l'occasion.


Non, l'artiste singulier n'est pas fou. Ou alors, il l'est au sens de cette authentique aliénation dont la société ne veut rien savoir. Car sa poésie est vraie. Elle terrasse la réalité, elle interprète et traduit une vérité terriblement supérieure à toute histoire, à toute folie, à toute divinité, à toute surréalité. Elle crée un corps sans organe, une multiplicité moléculaire explosive et atomique et se fond avec les os des musiques de l'âme. Le pinceau remue la grande cymbale et le regard du peintre provoque chez celui qui le regarde comme un décollement de la rétine. Alors l'extraordinaire force insurrectionnelle de la toile de l'artiste perfore la vision et nous contrait à cette régression violente jusqu'à l'état d'enfance. Nul n'a jamais écrit, peint, sculpté, modelé, construit, inventé que pour sortir de l'enfer. Combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux ont-ils du affronter avant d'être hissés sur la toile, et acceptés.


Antonin Artaud, extraits et interprétation, anaka 2M9


BEZU-SAINT-ELOI.Première édition du festival international d'art singulier. article quotidien local, extrait.

"...La première édition du « Grand Baz'Art à Bézu », festival d'art singulier initié par Jean-Luc Bourdila, s'est soldé par un succès pour les vingt-cinq artistes présents, certains ayant même vendu la totalité de leurs œuvres.
Près de deux cent trente personnes étaient sur place vendredi soir, dès le vernissage d'une exposition qui comptait plus de trois cents œuvres. Sur l'ensemble du week-end, plus de mille amateurs ont fréquenté les allées de la nouvelle « grande salle » de la commune qui accueillait l'exposition.
Si l'invité d'honneur, Yvon Taillandier, peintre et ancien critique d'art, a salué « la générosité de la manifestation », la municipalité s'était de son côté investie au nom de « la réputation du village », selon Jacques Pillon, premier adjoint au maire.
Bien que l'opération ait réuni les inconditionnels d'art singulier, il n'est en revanche pas certain que ce mouvement artistique confidentiel, né au sein des asiles psychiatriques, soit parvenu à attirer les habitants du secteur..."